L'évolution de UN’ESSEC : entre contenus géopolitiques et immersion diplomatique à New York

Sullyvan Buckwell·26 avril 2026·4 min de lecture·Dossier de la semaine·
L'évolution de UN’ESSEC : entre contenus géopolitiques et immersion diplomatique à New York

Qui sommes-nous ?

UN’ESSEC est l’association de géopolitique et de diplomatie de l’ESSEC Business School. Fondée par des étudiants passionnés de relations internationales, elle a pour ambition de décrypter l’actualité mondiale et de former les futurs acteurs de la scène internationale.

Soutenue par l’Institut Géopolitique & Business de l’ESSEC, l’association s’inscrit pleinement dans les valeurs de l’école : ouverture, exigence intellectuelle et engagement. Elle se veut à la fois un espace de formation, de réflexion et de débat, où les étudiants peuvent développer leur esprit critique et se confronter à la complexité des relations internationales.

Nos projets

Au cœur de cette démarche se trouve La UN’e, notre revue hebdomadaire.Chaque semaine, nous y publions quatre articles courts qui reviennent sur les grands faits d’actualité, ainsi qu’un dossier plus approfondi consacré à un enjeu géopolitique majeur.

Pensée pour être à la fois accessible et rigoureuse, cette publication est diffusée sur nos réseaux sociaux, Instagram et LinkedIn, mais aussi via notre nouveau site internet et une newsletter récemment lancée.

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Cette année, nous avons également lancé un nouveau format : la carte géopolitique. Conçue comme un outil visuel d’analyse, elle permet de mieux comprendre les dynamiques régionales, les rapports de force et les enjeux stratégiques à travers le monde.

En mars, UN’ESSEC a eu le plaisir de s’associer à la conférence sur les métiers de la diplomatie, organisée par l’ESSEC Institute for Geopolitics & Business, réunissant trois intervenants d’exception autour des parcours et réalités du métier diplomatique. Nous avons également échangé avec le diplomate Yves Doutriaux lors d’une discussion consacrée aux grandes dynamiques de la géopolitique contemporaine, à l’issue de laquelle une interview sera prochainement publiée. Ces initiatives s’inscrivent enfin dans une dynamique d’ouverture plus large, avec la volonté de développer dans les mois à venir une programmation de conférences, débats et tables rondes ouverts au public, afin de prolonger le dialogue entre étudiants, chercheurs et praticiens des relations internationales.

La simulation des Nations Unies

L’un des moments forts de l’année a été notre participation à la simulation National Model United Nations (NMUN) à New York, du 6 au 10 avril 2026. Cet événement, parmi les plus importants au monde dans son domaine, rassemble des milliers d’étudiants issus d’universités du monde entier. Chaque délégation y représente un État — en ce qui nous concerne, l’Argentine — et participe à différents comités thématiques.

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Si les cérémonies d’ouverture et de clôture en Assemblée générale donnent à voir l’ampleur de l’événement, l’essentiel du travail se déroule en comité restreint. Les participants y rédigent des position papers, négocient des résolutions, débattent, votent et apprennent à composer avec des intérêts parfois divergents. Cette immersion permet de se confronter concrètement aux mécanismes de la diplomatie internationale, entre coopération, compromis et rapports de force.

Dans ce cadre, nous avons suivi des sessions de formation assurées par Alex Issa, professeur affilié à l’ESSEC, en amont du NMUN, afin de renforcer nos compétences en négociation, prise de parole et compréhension des dynamiques diplomatiques.

➔ Une immersion au-delà du cadre académique

Au-delà de l’aspect académique, ce séjour a également été une véritable expérience culturelle. Entre visites du MoMA et du Met, découverte de Central Park à vélo, exploration des différents quartiers de New York ou encore moments de convivialité entre délégations, ces quelques jours ont été riches en échanges et en découvertes.

En particulier, nous avons eu la chance de pouvoir visiter la frégate de défense et d’intervention Amiral Ronarc’h, alors en escale à New York, une immersion rare au cœur d’un outil stratégique de la marine française, à laquelle nous consacrerons prochainement un article approfondi.

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➔ Polarisation politique et construction du discours

Si cette immersion a été riche sur le plan humain et culturel, elle a aussi suscité des réflexions plus critiques sur les dynamiques politiques observées sur place. La cérémonie d’ouverture, marquée par l’intervention de Mike Waltz, un représentant républicain, a suscité de vives réactions dans un public majoritairement démocrate. Il y a notamment utilisé la formule « Make the UN great again », en référence au slogan de Donald Trump, provoquant de vives réactions dans la salle. Des slogans militants ont été scandés, illustrant la polarisation croissante de la société américaine.

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Son discours, valorisant le rôle des États-Unis dans la défense du multilatéralisme et de la sécurité internationale, s’appuyait sur une rhétorique efficace, nourrie de chiffres et d’exemples concrets, révélant ainsi combien, en diplomatie, la précision du vocabulaire et la maîtrise des formulations sont essentielles pour convaincre et maintenir les équilibres.

Néanmoins, certaines de ses affirmations méritent d’être nuancées, par exemple sur le rôle attribué aux États-Unis dans les négociations en République démocratique du Congo, où de nombreux autres acteurs sont également impliqués. De plus, les progrès des négociations restant limités, ces propos peuvent apparaître en décalage avec la réalité du terrain. Ainsi, le recours à des enjeux internationaux complexes et peu médiatisés renforce une rhétorique difficile à discuter pour un public non spécialiste.

➔ Enseignements et portée de l’expérience

Plus largement, la simulation elle-même révèle certaines limites du système multilatéral : entre idéalisme, lenteur des processus décisionnels et difficulté à concilier intérêts nationaux et coopération internationale, elle offre une vision à la fois stimulante et lucide du fonctionnement de la gouvernance mondiale.

Participer à NMUN a ainsi constitué une expérience fondatrice, à la fois intellectuelle et humaine. Elle reflète pleinement l’ambition d’UN’ESSEC : permettre aux étudiants de mieux comprendre les enjeux globaux pour mieux s’y engager, et contribuer à former des acteurs éclairés de la scène internationale.

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Article écrit par Sullyvan Buckwell, avec la contribution de Thimotee Palacci.

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